Revue de Presse #49 du Capitaine
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Revue de Presse #49 du Capitaine

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Chaque vendredi, Capitaine Carbone sélectionne pour vous l’essentiel de l’actualité française et internationale autour des enjeux de la neutralité carbone et des questions climatiques.

Finance, ambition, marchés carbone: ce qu’il faut retenir de la COP27

Un participant longe un pavillon de la COP27 orné d’un globe terrestre gonflable. ©AFP

Dimanche dernier à Charm el-Cheikh en Egypte, la 27ème conférence des États signataires s’est clôturée avec plus de trente heures de retard. L’occasion de faire un point sur cette édition pour le moins dissonante avec les attendus inhérents à l’urgence d’agir. Bien que la création d’un nouveau fonds soit une victoire historique forte en symboles pour les pays du Sud, sur d’autres points, la COP27 a déçu. Dans son texte de couverture, le “Plan de mise en œuvre de Charm el-Cheikh », les États membres soulignent qu’il faudrait annuellement déployer 6 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale pour mener la décarbonation de l’économie. Toutefois, les pays peinent à mobiliser 100 milliards de dollars par an. Le marché carbone, quant à lui, figure parmi les grands oubliés de ces négociations. Alors que la COP26 à Glasgow, en Écosse, avait défini les grandes lignes du fonctionnement de deux nouveaux marchés (un interétatique, un autre entreprises/États), cette année, la COP27 peine à avancer sur le sujet avec un texte de plus de 80 pages à négocier. Les États membres sont tout de même arrivés à se mettre d’accord sur certains points. Par exemple, un projet de compensation carbone non soumis à un système de supervision centralisé devra laisser aux vérificateurs, mandatés par les Nations unies, la possibilité d’attester que le projet est en cohérence avec les règles. Rappelons que le lancement de ces deux marchés devrait, au mieux, avoir lieu en 2024 lorsque l’infrastructure logicielle qui doit les accueillir sera opérationnelle.

COP27: « Trop de projets de compensation carbone violent les droits humains »

Une plantation d’eucalyptus visant à réduire la production de charbon de bois, à Burungu en République démocratique du Congo, le 28 septembre 2019.  © Photo Alexis Huguet / AFP

Durant la deuxième semaine de la COP27, Myrto Tilianaki, chargée de plaidoyer climat à l’ONG CCFD-Terre Solidaire est revenue sur les principales « dérives » des projets de compensation carbone en matière de droits humains, de greenwashing et de préservation des écosystèmes. En commençant par dépeindre « l’échec » du mécanisme de développement propre instauré par le protocole de Kyoto en 2005, Myrto Tilianaki qualifie les projets de l’époque comme « néocoloniaux ». Pour autant, la situation aujourd’hui n’a que très peu évoluée. Du point de vue des droits humains, certaines sources montrent que des dérives subsistent : « Dans un article de juin 2022, Bloomberg a rapporté comment, dans le cadre d’un projet de compensation carbone du géant pétrolier BP au Mexique, des villageois étaient sous-payés et exploités pour protéger leurs propres forêts. ». Dans d’autres régions du monde comme au Panamá, des populations autochtones ont été expropriées de leurs terres dans le but de construire un barrage hydroélectrique. La durabilité des projets menés est également mise à mal « pour un projet de restauration de mangroves aux Philippines, à peine 2 % des arbres plantés ont survécu au bout de dix ans » nous rapporte la porte-parole de l’ONG.

Tous ces « égarements » tendent à renforcer l’image néfaste d’un processus à la base vertueux et bienfaiteur pour l’environnement. L’urgence d’établir des règles et sanctions fermes s’imposent donc comme essentielle pour espérer voir la compensation carbone œuvrer pour le bien commun.

Amazon investit dans la protection des écosystèmes de séquestration de carbone bleu

Les mangroves sont des écosystèmes qui stockent énormément de CO2 à l’échelle mondiale.
© Les Numériques

En s’associant avec l’ONG Conservation International, le plus grand e-commerçant et géant du Web Amazon tente de soigner son image plutôt décriée du point de vue écologique, en créant l’International Blue Carbon Institute de Singapour. Soutenue par le conseil de développement économique de l’État insulaire, cette fondation aura pour objectif de préserver les écosystèmes côtiers, notamment les mangroves, herbiers marins et marais littoraux. Ces végétaux et espaces naturels représentent de grandes sources de captation de carbone. Leur destruction (ou détérioration) pourrait, comme le stipule l’article « accélérer le réchauffement climatique et participer à l’effet d’emballement du climat ». Pour éviter tout rapprochement avec ce scénario, Amazon a donc investi 3 millions de dollars dans le projet pour les 3 prochaines années. Un engagement qui vient s’ajouter à la liste d’actions menées par la firme américaine dans le cadre de leurs stratégies de compensation carbone. Tous ces efforts tendent pourtant à rappeler que le chemin de la sobriété reste à privilégier pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, surtout en cette période de surconsommation qu’institue le Black-Friday.

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