Deux fois par mois, Capitaine Carbone sélectionne pour vous l’essentiel de l’actualité française et internationale autour des enjeux de la neutralité carbone et des questions climatiques.
Revue de Presse #193 du Capitaine
Ecoutez la Revue de Presse du Capitaine.Chaleur, tempêtes, inondations… Février a battu des records mondialement

Photo de Chris Gallagher sur Unsplash.
On commence avec un nouveau record malheureux relayé par le webzine Reporterre. L’observatoire européen Copernicus affirme que février 2026 a été le cinquième mois de février le plus chaud jamais enregistré sur Terre. La température moyenne mondiale a été supérieure de 1,49 °C par rapport à l’ère préindustrielle sur ce mois. Et comme on a pu le constater, les intempéries ont été particulièrement impressionnantes. Copernicus indique que « le mois a été marqué par une série de tempêtes et de précipitations intenses qui ont touché l’Europe occidentale et l’Afrique du Nord. La France, l’Espagne, le Portugal et le Maroc ont connu des conditions exceptionnellement humides, entraînant de graves inondations qui ont causé de nombreux dégâts et des pertes humaines et matérielles. » Les inondations ont aussi touché d’autres pays dans le monde, par exemple en Australie, au Mozambique ou encore au Botswana.
La seconde main : un modèle durable ?

Photo de luis otto sur Unsplash.
Cette semaine, l’une des invitées de l’émission La Terre au Carré sur France Inter était l’autrice Maurane Nait Mazi, qui a publié le livre Seconde main, une nouvelle économie des objets, aux éditions Pérégrines. Dans son livre, l’autrice propose une photographie de l’économie de la seconde main aujourd’hui et s’attache à détricoter certaines idées reçues. Pour elle, le marché de l’occasion n’est pas une “petite économie de la débrouille” mais une alternative solide au marché du neuf, qui aurait le triple avantage d’être plus écologique, économique et solidaire. Les chiffres le confirment. D’après un rapport du bureau d’études BCG et de Vestiaire Collective, la croissance annuelle du marché de la seconde main augmenterait de 10 % chaque année, et serait trois fois plus rapide que le marché du neuf, selon leurs estimations.
À quelles conditions le télétravail peut‑il bénéficier à l’environnement ?

Photo de Surface sur Unsplash.
Direction le site The Conversation qui publie un article sur les conséquences environnementales du télétravail en s’appuyant sur une étude de l’Ademe. Pour évaluer quels seraient les effets de la généralisation du télétravail sur l’environnement, et dans quelles conditions ils pourraient être positifs, l’Ademe a utilisé la méthode de l’analyse de cycle de vie (ACV) dite conséquentielle, avec une comparaison de trois scénarios à un scénario de référence (le télétravail tel qu’il est en 2025) :
· l’un sans télétravail,
· l’un où il serait généralisé,
· enfin, un dernier où il serait limité.
L’analyse est très intéressante car on s’aperçoit que la généralisation du télétravail aurait des effets bénéfiques sur l’environnement grâce à la diminution des trajets domicile-travail, mais aurait tout de même des effets rebonds non négligeables. On vous invite à aller jeter un œil sur l’article pour comprendre toutes les nuances de cette étude.
Écoconcevoir : penser l’innovation à l’échelle du cycle de vie

Photo de Eric Prouzet sur Unsplash.
Sur le blog du CNRS, on vous conseille fortement un article consacré à l’ACV. Une bonne porte d’entrée pour comprendre déjà en quoi consiste cette méthodologie et le lien avec l’écoconception. En effet, d’après l’article, l’ACV est un facteur clé qui permet à l’écoconception d’aller plus loin en repensant « en profondeur la manière même de concevoir matériaux, procédés et produits dans des systèmes industriels ».
L’ACV est une méthode scientifique qui va prendre en compte tous les impacts environnementaux d’un produit dès l’extraction des ressources qui serviront à concevoir la matière pour ensuite fabriquer le produit, etc., jusqu’à sa fin de vie. D’après Guido Sonnemann, chimiste et spécialiste de l’analyse du cycle de vie, professeur à l’Université de Bordeaux à l’Institut des sciences moléculaires (ISM – Bordeaux INP/CNRS/Université de Bordeaux) : « Le risque, si l’on se focalise sur un seul indicateur comme le carbone, est de déplacer les impacts vers d’autres dimensions environnementales. L’écoconception exige une approche multicritères », et c’est précisément ce qu’apporte une méthode comme l’ACV.
La commune de Plessé a sauvé toutes ses fermes de la disparition

Photo de Evi T. sur Unsplash.
À deux jours du premier tour des élections municipales, intéressons-nous à une commune qui a décidé d’agir concrètement pour protéger les agriculteurs et agricultrices de son territoire. C’est le webzine La Relève et la Peste qui nous amène à Plessé, en Loire-Atlantique. Sur 104 km², on trouve 92 exploitations employant 135 personnes, avec 44 % des terres agricoles consacrées à la production bio. Mais pas si simple de conserver ce tissu agricole quand les dirigeants et dirigeantes de ces exploitations se rapprochent de la retraite, et qu’il n’y a pas de repreneurs derrière.
Aurélie Mézière, maire depuis 2020, et son équipe municipale ont décidé de monter un comité « agriculture, alimentation, biodiversité, environnement » et de mettre en place une Politique Agricole et Alimentaire Communale (PAAC) avec six axes précis : maintien des fermes, agriculture plurielle et durable, circuits courts, protection des ressources, foncier agricole, communication positive. Avec une règle claire sur le maintien du nombre de fermes : « un départ = une installation ».
Pour atteindre cet objectif, la municipalité anticipe les départs à la retraite cinq ou six ans avant, et organise des « cafés installation-transmission » pour mettre en relation les agriculteurs de la commune avec de potentiels repreneurs. S’ajoute à cette facilitation des contacts un accompagnement sur la gestion du foncier, des bâtiments, etc.
