COP28 : Rencontre mondiale pour le climat face à l’urgence d’agir
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COP28 : Rencontre mondiale pour le climat face à l’urgence d’agir

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Du 30 novembre au 12 décembre prochain se tiendra à Dubaï, aux Émirats arabes unis, la 28e Conférence des Parties (COP) sur le climat. Présentée comme la COP la plus importante depuis celle de Paris (COP21) en 2015, son président, le ministre de l'industrie et des technologies avancées des Émirats arabes unis Ahmed al-Jaber entend bien s’accorder « collectivement » sur un plan d'action climatique concret.

À mi-parcours entre la signature de l’Accord de Paris en 2015 et l’échéance de 2030 (date à partir de laquelle les émissions de gaz à effet de serre mondiales doivent diminuer de 43%), cette 28ème Conférence des Parties sur le climat est une occasion pour les pays membres de la CCNUCC, la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques de se réunir et de discuter des mesures à prendre pour lutter contre la crise climatique.

Pourquoi cette 28ème COP est si importante ?

Cette nouvelle conférence sur le climat intervient dans un contexte mondial très agité et vient ponctuer une année de tous les records. Selon le service météorologique européen Copernicus, 2023 pourrait être l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Les températures sans précédent pour la période de l’année observée en septembre — après un été record — ont battu des records de manière extraordinaire. À deux mois de la COP28, l’urgence d’une action climatique ambitieuse n’a jamais été aussi grande.
Photo des témoignages Samantha Burgess, directrice adjointe du service Copernicus

Autre mauvaise nouvelle et nous vous en parlions dans la revue de presse du Capitaine n°97, un récent rapport de l’ONU indique que nous pourrions nous diriger vers un réchauffement global de +2,9°C d’ici 2100 si les politiques de réduction d’émissions n’évoluent pas. 2,9°C c’est presque deux fois plus que les objectifs fixés par l’Accord de Paris en 2015. Et c’est justement pour tenter de respecter cet objectif que jeudi prochain 197 Etats se réuniront pendant 13 jours à Dubaï. De son côté, le secrétaire général de l’ONU António Guterres adepte des phrases chocs, exhorte les dirigeants à « agir pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5°C » et ainsi mettre fin à « l’ère des combustibles fossiles. » lors de ce rassemblement organisé par le septième producteur mondial de pétrole.

Quels enjeux au programme de cette nouvelle COP ? 

Comment vont se dérouler ces 13 jours ? 

Bien qu’officiellement cette 28ème Conférence des Parties débute le 30 novembre prochain avec le mot d’accueil du président Ahmed al-Jaber, ce n’est qu’à partir du 1er et 2 décembre, que les différents Chefs d’État et représentants se réuniront. Ensuite, du 3 au 10 décembre, des journées thématiques auront lieu, abordant des sujets tels que l’énergie, la nature, les transports, la santé ou encore la technologie. Les deux derniers jours seront consacrés aux négociations finales, souvent complexes. Pour rappel, la dernière COP en Egypte avait fini avec plus de 30 heures de retard pour finalement arracher un accord historique sur l’aide aux pays pauvres affectés par le changement climatique.

Programme de la COP28 – ©cop28.com

Quels sujets devraient être abordés lors de la COP28 ?

Comme chaque année cette conférence marque une période de bilan des engagements climatiques des États. Huit ans après l’Accord de Paris, la COP28 a pour mission de finaliser l’évaluation initiale des engagements nationaux, afin d’apprendre des progrès réalisés et d’établir de nouveaux objectifs pour lutter contre le changement climatique, visant à limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. D’autres avancées sont également attendues notamment en ce qui concerne :

  • la transition énergétique : accélérer la sortie des énergies fossiles et adopter des objectifs mondiaux de déploiement d’énergies non fossiles et d’efficacité énergétique ;
  • l’adaptation au changement climatique : définir des actions robustes et rapides pour répondre à la multiplication des aléas climatiques extrêmes ;
  • la finance climat : accroître le soutien aux pays en développement et avancer sur la réorientation des flux financiers ;
  • les pertes et préjudices : concrétiser l’accord obtenu à la COP27 visant à financer les pertes et préjudices subis par les pays vulnérables durement impactés par les catastrophes climatiques.

Pour en savoir davantage sur le programme et les différentes thématiques abordées, rendez-vous sur le site officiel de la COP28

Une soixantaine de dirigeants appellent à accélérer la transition écologique

À l’aube des négociations sur le climat à Dubaï, 60 présidents de grandes entreprises françaises appellent à accélérer la transition écologique dans une tribune publiée dimanche dernier. Parmi les signataires, figurent les représentants de Sanofi, Michelin, EDF, mais également les patrons des entreprises françaises les plus polluantes au monde telles que TotalEnergies, BNP Paribas ou encore Crédit Agricole.

Il est indispensable d’accélérer encore les investissements de transition, déjà considérables, faits par les pouvoirs publics, les Français et nos entreprises pour réduire nos émissions, changer d’énergie et investir rapidement dans un modèle de production et consommation décarboné.
Extrait d’une tribune signée par 60 présidents de grandes entreprises françaises

Tous estiment qu’il est possible de « construire ensemble une nouvelle prospérité compatible avec les limites de notre planète ». Un message rempli de cynisme et d’hypocrisie pour certains (comme pour le collectif engagé Scientifiques en rébellion qui face à cette « indécence » propose une COP28 alternative du 30 novembre au 3 décembre 2023, à Bordeaux), un appel à l’engagement collectif pour d’autres, ce qui est sûr, c’est qu’il y a « urgence » à agir et les entreprises signataires mettent en avant « des solutions et une capacité d’innovation, d’entraînement, de financement et d’actions collectives. » 

Sans être naïf au risque d’être une nouvelle fois déçu, il faut espérer que cette nouvelle COP marque un tournant vers un avenir plus durable à partir duquel de réelles actions puissent émerger de la part des politiques publiques, mais également du secteur privé. 

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