Comment calculer et compenser les émissions de CO2 d’un vol en avion ?
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Comment calculer et compenser les émissions de CO2 d’un vol en avion ?

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Il existe aujourd’hui plusieurs calculateurs en ligne afin de connaître et de potentiellement compenser l’empreinte carbone de son vol. De plus en plus de compagnies aériennes offrent ainsi la possibilité de compenser ses émissions dès l’achat de son billet. Des organismes privés et des ONG offrent également un service similaire, permettant aux voyageurs soucieux du climat et de la préservation de l’environnement de soutenir financièrement des projets divers.

Le secteur de l’aviation représente aujourd’hui 2,5% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Au-delà des simples émissions de dioxyde de carbone, l’activité d’un avion rejette également de la vapeur d’eau et des polluants gazeux et particulaires liés à la combustion du kérosène. En prenant en compte ces éléments, l’impact de l’aviation sur le réchauffement anthropique de la planète monte à 3,5 %1. Si ce chiffre peut paraître faible à première vue, il occulte en vérité un fait indéniable : l’avion constitue le moyen de transport par passager le plus émetteur de GES, et de loin. Un vol rejette ainsi en moyenne 285g d’éqCOpar passager et par kilomètre selon l’Agence européenne pour l’environnement2, soit 45 fois plus qu’un TGV et 10 fois plus qu’un bus. Un chiffre qui ne fait cependant pas complètement consensus puisque l’ONG International Council on Clean Transportation arrive elle à une estimation de 90g de CO2 par passager et par kilomètre pour un vol commercial3. Une différence significative qui s’explique par des variations dans les méthodologies appliquées et par la pluralité des critères choisis. Malgré ces désaccords numériques, l’impact du secteur de l’aviation sur le climat reste univoque. Comment alors, dans un souci de conscience environnementale et climatique, évaluer personnellement l’impact carbone de son trajet en avion et comment remédier à cet impact ? 

Calculer les émissions de COd’un vol en avion 

Plusieurs calculateurs d’émissions existent. L’un des plus populaires est celui mis en place par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) et le gouvernement français. Ce site vous permet ainsi de choisir votre aéroport de départ et votre aéroport d’arrivée. Il divise également les émissions de gaz à effet de serre liées au vol et celles liées et à la production et au transport du kérosène. Ce détail a son importance puisque d’après l’ADEME, 17% des rejets de GES du cycle de vie du kérosène sont attribués à sa production et à son transport4. Il sépare également les émissions de gaz à effet de serre des émissions de dioxyde de carbone. Le facteur d’émission est quant à lui indiqué en kilogramme d’équivalent CO2 par passager (kg éqCO2/passager). Outre son intérêt pratique, le calculateur possède également une portée didactique puisqu’il détaille sa méthode d’évaluation et de calcul des émissions de GES ainsi que les chiffres clés de l’impact climatique du transport aérien et du secteur dans son ensemble. D’autres calculateurs possédant chacun leurs spécificités existent également. Ci-dessous les principaux : 

  • Organisation de l’aviation civile internationale (ICAO) 
    • Le calculateur de l’ICAO permet notamment, en plus de sélectionner le nombre de passagers, de connaître la quantité totale de kérosène brûlée par l’appareil lors d’un voyage. L’ICAO offre également un résumé de la méthodologie utilisée. 
  • Climatmundi
    • Ce calculateur, plus standard au niveau de ses options, propose de calculer ses émissions en  fonction de la classe choisie (économique, affaire ou première). Cette possibilité est également présente pour les trois autres calculateurs. 
  • Myclimate.org
    • Le système de calcul de Myclimate.org présente la particularité d’inclure les escales dans la comptabilité des rejets de CO2 des vols. 
  • Greentripper
    • Greentripper, comme Myclimate.org vous invite à compenser vos émissions directement après les avoir calculées en soutenant divers projets.

Compenser les émissions de CO2 d’un vol en avion 

Le trafic aérien ne cesse d’augmenter d’année en année (exception en 2020 avec l’apparition du Covid 19 et la réduction des flux due aux périodes d’isolement) avec un nombre de passagers qui double tous les quinze ans. Le secteur connaît donc une forte croissance, qui ne semble pas prête de s‘arrêter. Dans ce contexte, il apparaît comme crucial de trouver des solutions afin de minimiser autant que faire se peut l’impact climatique de son vol. L’ADEME encourage dans un premier temps à réduire directement ses émissions en choisissant une destination plus proche ou en privilégiant un autre moyen de transport comme le train ou la voiture. Une autre solution, qui se place cette fois-ci en aval, consiste à soutenir des dispositifs de compensation carbone. Plusieurs démarches existent ainsi aujourd’hui pour décarboner son trajet en avion. Premièrement, la majorité des compagnies aériennes européennes proposent à leurs voyageurs de cocher une case sur leur billet afin de s’engager en soutenant financièrement une projet de compensation. Ce soutien financier sera calculé à partir de la quantité de CO2 rejetée correspondant au trajet du passager. 

La deuxième solution consiste à contacter directement des organismes privés ou des ONG via leur site, à calculer son empreinte carbone et à la compenser avec un projet adéquat. C’est ce que propose par exemple la fondation Good Planet. Après avoir calculé le bilan carbone de son voyage, la quantité de CO2 qui en résulte est traduite en une somme d’argent qui peut être directement reversée à un projet de compensation. Ces derniers sont d’une grande diversité : aide à l’accès aux énergies renouvelables, gestion des déchets, projets de reforestation et de préservation de la biodiversité. Pour qu’un projet soit considéré comme légitime, il faut que l’impact environnemental positif qu’il a apporté ait été dépendant de sa mise en place. Pour s’en assurer, il est également utile de savoir si la démarche que l’on soutient est issue d’un projet labellisé. Clean Development Mechanism (CDM), Verified Carbon Standards (VCS), Gold Standard sont ainsi trois labels reconnus. Il est donc nécessaire d’investiguer et de prendre contact avec les porteurs de projets qui ne sont pas labellisés . 

Pour compenser efficacement les émissions de CO2 de son vol, rendez-vous sur ces sites : 

  • Greentripper
    • Le projet Greentripper est une initiative de l’organisation belge CO2logic, qui accompagne des clients vers la neutralité carbone et développe des projets certifiés pour le climat, via le label Gold Standard. 
  • Fondation Good Planet
    • Cette association, qui deviendra par la suite une fondation reconnue d’utilité publique, est créée en 2005 par le photographe et réalisateur français Yann Arthus Bertrand. Engagée sur plusieurs fronts à travers des projets de terrain et une logique pédagogique, l’organisation entend « sensibiliser l’ensemble des acteurs aux enjeux environnementaux et sociaux actuels ». 
  • Ecotree
    • Ecotree est une start-up créée en 2016 à Brest par quatre amis. Inspirés par le système de gratification financière du consignage danois, Vianney, Erwan, Théo et Baudouin exportent cette méthode en France et l’appliquent aux domaines de la gestion et de la préservation des forêts. 
  • Atmosphair (attention site anglophone) 
    • Cette association allemande à but non-lucratif contribue à la compensation carbone en promouvant et en finançant l’utilisation des énergies renouvelables dans le secteur de l’aviation dans une quinzaine de pays. La philosophie de l’organisation se résume ainsi à cette maxime : compenser seulement ce qui ne peut pas être évité ou réduit. 

Que dit la loi française sur les émissions liées au trafic aérien ? 

La récente Loi Climat et Résilience comprend un ensemble de mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des transports. Pour le secteur de l’aviation, le gouvernement français a décidé d’adopter une double stratégie. Le texte prévoit ainsi de limiter au maximum les vols nationaux à courte durée et de compenser la totalité des vols intérieurs d’ici à 2024. Les trajets nationaux seront donc interdits si une alternative en train de moins de 2h30 avec plusieurs départs journaliers existent (une condition qui n’impliquera que 10% du réseau ferroviaire hexagonal). En ce qui concerne la totalité des vols à l’internationale, principalement des moyen et long-courriers, aucune mesure n’a été annoncée. Or ce sont logiquement ces trajets plus longs qui rejettent le plus de GES. En témoignent les chiffres du Ministère de la Transition Écologique qui estime à 71,5 % la part d’émissions liée aux vols internationaux dans les rejets totaux de CO2 du trafic aérien français5. En limitant son action aux seuls vols intérieurs, la loi Climat omet donc plus de deux tiers des émissions de l’aviation française, et n’impose pour les trajets internationaux aucune restriction ni ne met en place aucune politique compensatoire. Des mesures pourtant essentielles au regard de l’augmentation constante, année après année, du nombre de voyageurs. En attendant donc une loi plus restrictive et contraignante concernant les limitations des émissions de gaz carbonique de l’aviation, il est de la responsabilité de chacun de restreindre ses vols au strict nécessaire et de compenser ses émissions.  

Sources : 

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