10 idées reçues sur le réchauffement climatique

Le 12 mars 2021 7 min. de lecture

Le dérèglement climatique est une réalité parfois difficile à accepter, pourtant rien ne sert de se bercer d'illusions. Au contraire, il faut être conscient des problèmes pour trouver les solutions. Voici 10 idées reçues réfutées par la science.

Le réchauffement climatique est une pure invention !

FAUX !
Les climato-septiques existent et existeront toujours, c’est ainsi. Ils se basent sur des données biaisées (ou excluant soigneusement la réalité) ou alors sur des calculs trop simplistes. Le réchauffement climatique est bien réel et a malheureusement commencé. Pour comprendre de quoi on parle, il faut distinguer la notion de Météo et celle de Climat. La météo indique le temps qu’il fait à un instant, un endroit donné et sur une courte période, tandis que le climat décrit des évolutions à long terme et à grande échelle. Selon les estimations du GIEC, la température à la surface de la Terre aurait déjà augmentée de 1°C environ par rapport à l’ère industrielle. Les émissions de gaz à effet de serre et l’activité humaine en sont grandement responsables. Si rien ne change, une augmentation de 1,5°C est encore à craindre. Cela pourrait nous mettre tous en danger et continuer de nuire gravement à l’environnement.


@Marc Nevoux

Les changements climatiques ont toujours existés et ce n’est pas si grave !

Faux !
Cet argument repose sur la théorie selon laquelle le climat de la Terre se remet à peine des températures plus fraîches du Petit Âge glaciaire et que les températures actuelles sont les mêmes que celles de la période de réchauffement médiéval. Le problème est que le Petit Âge glaciaire et la période de réchauffement médiéval étaient des changements régionaux affectant localement l’Europe du Nord-Ouest, l’Amérique orientale, le Groenland et l’Islande. 700 relevés climatiques ont démontré qu’au cours des 2 000 dernières années, un seul changement climatique dans le monde a eu lieu en même temps et dans la même direction. Il s’est produit au cours des 150 dernières années et le résultat est de mauvais augure pour l’Humanité : plus de 98% de la surface de la planète s’est réchauffée.


Le Co2 n’a guère d’effet sur l’atmosphère !

FAUX !
En 1856 déjà, Eunice Newton Foote, une scientifique américaine, a démontré avec une pompe à air, deux cylindres en verre et quatre thermomètres, qu’un des cyclindres placé au soleil et contenant du CO2 emprisonnait bien plus de chaleur et restait chaud plus longtemps qu’un cylindre contenant de l’air normal. Cette expérience a été renouvelée plusieurs fois en laboratoire et dans l’atmosphère, prouvant inexorablement le très impressionnant effet de serre émanant du dioxyde de carbone.

Moralité, une petite partie de pas grand-chose peut fortement influer sur une échelle bien plus grande. Voici un exemple : 0,1 gr de cyanure peut tuer un adulte de gabarit moyen, ce qui représente environ la bagatelle de 0,00001% de son poids corporel total et pourtant, tous ces zéros peuvent l’anéantir en entier ! Le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre ne représentant que 0,04% de l’atmosphère et pourtant, son impact est inquiétant. À côté de lui, les 78% d’azote dans l’atmosphère pourraient presque paraître comme placebo, tant il sont inoffensifs pour l’Homme et la planète. L’azote joue néanmoins un rôle déterminant en faveur de tous les êtres vivants. Ce gaz incolore, inodore et sans saveur remplit effectivement les 3/4 du volume de l’atmosphère sans en avoir l’air, mais enrichit positivement la biosphère.


@socksnap – pixabay.com

Quelques degrés ou centimètres de plus ou de moins, ça ne change rien !

Faux !
De degrés en centimètres, d’hectares en centaines de mètres, le réchauffement climatique a des conséquences dramatiques sur la planète. En quasiment 100 ans, le Glacier d’Ossoue (France) a perdu 590 mètres et sa superficie s’est réduite de 64%, passant de 90 hectares en 1924 à 32 hectares en 2019. La date de migration de certains oiseaux transsahariens a été avancée de 6,5 jours ces 30 dernières années. Les vendanges en France ont lieu 15 jours plus tôt qu’il y a 40 ans. L’augmentation moyenne de la température en France métropolitaine est de +1,19°C sur la période 2000-2009 par rapport à la référence 1961-1990. Par ailleurs, selon les études du Giec, l’élévation du niveau de la mer au 21e siècle sera entre 0,29 à 0,59 m pour un scénario à faibles émissions de gaz à effet de serre et de 0,61 à 1,10 m pour un scénario à fortes émissions. Cependant, plusieurs études récentes basées sur des modèles, des évaluations d’experts et des évaluations nationales annoncent une montée des eaux bien supérieure, entre 1,5 et 2,5 m.


@Dassel – pixabay.com

Un glacier qui disparaît au Groenland ne pourra jamais inquiéter la France !

FAUX !
Il existe même un effet papillon sournois et méconnu : le réchauffement climatique qui frappe notre planète fait d’abord fondre certains glaciers, ça tout le monde le sait. Leur volume extérieur se retrouve évidement et proportionnellement immergé dans les océans, favorisant ainsi la montée des eaux partout dans le monde. Mais ce n’est pas tout, ce phénomène entraîne localement un réchauffement de l’eau, de l’eau plus chaude qui se dilate et prend plus de place que l’eau froide, faisant une fois de plus augmenter le niveau de la mer. Résultat, depuis ces 100 dernières années, le niveau global de la mer a déjà augmenté de 20 cm. D’ici 2100, d’après les prévisions des experts, la hausse pourrait encore grimper de 1,10 m. En cas de fortes tempêtes, ce niveau aurait pour conséquence de mettre environ un million de français les pieds dans l’eau et de ravager villes et villages côtiers.


@oli2020 – pixabay.com

La compensation carbone obligatoire permettra de revenir à la normale !

MALHEUREUSEMENT NON, mais peut être soutenue par la contribution volontaire des entreprises à la neutralité carbone mondiale !
Les Accords de Paris ont incité 196 pays à limiter les émissions de gaz à effet de serre pour échapper à un réchauffement global de 2°C d’ici 2100. Une politique de décarbonation a été mise en place sous l’appellation « Stratégie Nationale Bas-Carbone » (SNBC). Pour autant, chaque action individuelle comptera pour réduire l’empreinte carbone de l’Homme : trouver une alternative aux transports aériens, adopter un régime alimentaire durable, opter pour un fournisseur d’électricité verte ou de gaz vert, parvenir à une solution efficace en termes de résilience de l’industrie et bien sûr, continuer financer des projets écologiques partout dans le monde ou chez nous. Chaque effort individuel est une avancée collective !


Les modèles climatiques sont trop sensibles au dioxyde de carbone et donc inexactes !

FAUX !
Il existe de nombreux modèles climatiques, allant des mécanismes spécifiques, comme la compréhension des nuages, aux Modèles de Circulation Générale (MCG) qui permettent de prédire le futur climat de notre planète. Si aucun modèle n’est sûr à 100% au vu de la complexité des phénomènes climatiques, la cohérence de résultats sur plusieurs modèles est à prendre très au sérieux. Quelques-uns ont été reconnus comme fiables et prédisent une augmentation de 2°C à 4,5°C sur notre planète d’ici 2100, soit une moyenne probable de +3,1°C. Par ailleurs, chaque modèle montre un réchauffement important lorsque du dioxyde de carbone supplémentaire est ajouté à l’atmosphère. En combinant toutes nos connaissances scientifiques sur les facteurs naturels (solaire, volcanique, aérosols et ozone) et anthropiques (gaz à effet de serre et changements d’affectation des sols) de réchauffement et de refroidissement, les conclusions démontrent que 100% du réchauffement observé depuis 150 ans est dû à l’activité humaine.


@Marc Nevoux

Pour absorber le CO2, il suffit de planter de nouveaux arbres partout !

VRAI ET FAUX !
Si les arbres sont de formidables puits de carbone, ils ne pourront jamais capter tout le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère à eux seuls. En outre, un arbre planté aujourd’hui ne pourra séquestrer efficacement du CO2 qu’après plusieurs années s’il n’est pas atteint prématurément d’une maladie, s’il n’est pas abattu bêtement par l’Homme et s’il échappe aux incendies. Heureusement, d’autres solutions alternatives et efficaces existent : les micro-algues, les carburants verts, les smart cities, les nouvelles énergies, etc.


Il est trop tard pour sensibiliser tout le monde aux économies d’énergies !

VRAI ET FAUX !
Une grosse partie de la population actuelle n’a effectivement pas été sensibilisée ni éduquée à l’économie d’énergie, à l’écologie et aux attitudes responsables, même si beaucoup d’entre nous tentent désormais de mieux se comporter. La solution est effectivement dans la pédagogie et cela tombe bien, car une initiative importante vient de voir le jour. L’École des Hautes Études de la Transition Énergétique (EHETE) a été créée par la fondation E5T (Énergie – Efficacité Énergétique – Économie – Environnement et Territoires) et l’IPAG. Quatre cycles de formations sont proposés sur les enjeux liés aux changements climatiques et l’urgence d’agir en matière de transition énergétique et écologique. Cette formation s’adresse aux décideurs, aux politiques, aux chefs d’entreprises, aux cadres et aux forces de vente. Les changements doivent venir de partout, du bas, donc nous en tant qu’individus, mais aussi de tout en haut, afin que des actions concrètes de grande envergure puissent se multiplier.


@Marc Nevoux

Le réchauffement climatique est dû au soleil

FAUX, en grande partie !
Il est clairement établi que le soleil n’est pas la seule cause du réchauffement climatique au sens préoccupant pour la planète. Le forçage radiatif, c’est à dire la différence entre la puissance radiative reçue et la puissance radiative émise par un système climatique donné, est ce qui permet de comprendre les causes réelles du réchauffement. Le forçage radiatif dû aux cycles solaires est estimé à 0,1 W/m². Celui dû aux émissions d’origine humaine est de 3 W/m². La cause principale est donc bien l’Homme.

Crédit photo couverture : @enriquelopesgarre – pixabay.com

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