Revue de Presse du Capitaine #199
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Revue de Presse du Capitaine #199

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Deux fois par mois, Capitaine Carbone sélectionne pour vous l’essentiel de l’actualité française et internationale autour des enjeux de la neutralité carbone et des questions climatiques.

Emmanuel Macron présente à Choose France un eldorado des data centers, malgré les critiques sur l’environnement

Image by kp yamu Jayanath from Pixabay.

Lundi dernier avait lieu la 9e édition de Choose France, le grand rendez-vous business organisé à Versailles. Emmanuel Macron en a profité pour faire la promotion de la France comme the place to construire des data centers ! Pour le président de la République, l’intelligence artificielle est le moyen de créer une « croissance verte », avec une « réindustrialisation décarbonée », puisque la France peut compter sur l’énergie du nucléaire (certes plus propre que le charbon). Pour Olivier Blum, le directeur général de Schneider Electric, qui participe à l’installation industrielle du data center de Dunkerque : « Il faut avoir des terrains disponibles, il faut avoir de l’accès à l’énergie décarbonée et il faut aller vite parce que l’intelligence artificielle ne va pas attendre dix ans pour pouvoir être produite ». Sauf que cette stratégie du plug baby plug n’est pas validée par l’Ademe du point de vue écologique. Elle évalue la consommation annuelle des plus de 350 data centers français à 10 térawattheures (TWh) par an, soit « l’équivalent de l’électricité consommée par 9 à 10 agglomérations de plus de 100 000 habitants pendant un an ». Un constat partagé par l’association France urbaine, qui complète : « La consommation en eau d’un “data center” de grande taille peut rivaliser avec celle d’un hôpital » et ses équipements « impliquent l’extraction de métaux rares aux quatre coins du monde ».

Transition écologique : les dirigeants des petites et moyennes entreprises “se sentent seuls”

Photo de Sasha Freemind sur Unsplash.

Loin des gros investissements annoncés lors de l’événement Choose France, les moyennes et petites entreprises se sentent bien démunies pour s’adapter face à l’urgence climatique. D’après un sondage OpinionWay, pour l’Institut mutualiste de l’environnement et de la solidarité et 2050 Now, sept patrons sur dix de TPE et PME « ne se sentent pas suffisamment accompagnés dans leurs démarches environnementales ». Sur les 400 patrons et patronnes interrogé(e)s, 83 % d’entre eux estiment que la transition écologique est un « enjeu incontournable », ce qui démontre leur engagement, qui malheureusement n’est pas assez soutenu, selon eux, par les pouvoirs publics.

El Niño a 80 % de probabilité de revenir cet été, prévient l’Organisation météorologique mondiale

Photo de redcharlie sur Unsplash.

L’urgence climatique se matérialise avec le phénomène El Niño ! L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime qu’il y a désormais 80 % de probabilité que ce phénomène El Niño ait lieu cet été, entre juin et août 2026. Mais il est aussi probable à 90 % qu’il continue jusqu’en novembre. El Niño a pour effet de faire augmenter les températures, ce qui accentue le changement climatique, en provoquant des conditions météorologiques extrêmes avec des conséquences dramatiques, surtout en Asie et en Amérique du Sud : fortes sécheresses, incendies, pertes de récoltes, pluies diluviennes, etc. L’Europe serait épargnée par les conséquences d’El Niño.

Un projet «absurde» : à Aubervilliers, habitants et chercheurs luttent pour protéger une prairie menacée par la bétonisation

Photo de Tanner Vote sur Unsplash.

Vert le Média est allé sur le campus Condorcet à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, où une bataille est engagée pour préserver une prairie d’un hectare de la bétonisation. Il y a déjà peu d’espaces verts sur le campus, et celui-ci pourrait être rasé pour accueillir le futur bâtiment de l’École des hautes études en sciences sociales et de la Fondation Maison des sciences de l’Homme (EHESS-FMSH). Le campus affirme que son projet est « exemplaire » sur l’aspect environnemental. Deux réunions ont même été organisées avec les opposants au projet (notamment des enseignants, des étudiants, un collectif de riverains…) pour leur montrer quelques ajustements sur le projet : réduction de 300 m² de l’emprise au sol, aménagement d’un autre espace pour étendre le parc, sanctuarisation de 6 000 m² de jardin… Ce qui reste très insuffisant pour les opposants : « Avant ces réunions, ils nous avaient ignorés pendant des années. Et elles se sont tenues sans qu’aucun document préparatoire ne nous soit transmis », confie Julie Pagis, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et coordinatrice de l’intersyndicale, à Vert le Média. « Même si on se félicite de certaines avancées, ce ne sont que des paroles. Et on compte bien continuer à leur mettre la pression », assure la chercheuse.

Edgar Morin : “La nature est à l’intérieur de nous”

Edgar Morin sur le tournage de “Edgar Morin, Chronique d’un regard” – Wikimedia commons

Edgar Morin, intellectuel français, est décédé le 29 mai dernier à l’âge de 104 ans. Philosophe et écrivain, il a surtout été un grand défenseur de la cause environnementale. On vous conseille de réécouter son intervention en 2019, dans l’émission La Terre au carré sur France Inter. Voici un extrait où il évoque sa prise de conscience écologique grâce à de jeunes biologistes à Berkeley en Californie, dans les années 60 : « Ils ont commencé à m’alerter, en partie à travers le rapport de Meadows, la première déclaration qui fait état de la dégradation de notre planète par notre civilisation technique et économique. J’ai aussi lu un article de Paul Ralph Ehrlich qui m’a beaucoup impressionné, “La mort de l’Océan”. À l’époque, ça semblait farfelu, mais aujourd’hui, on voit bien que cette prédiction était juste avec cette disparition de la faune marine. Quand je suis revenu en France, certains défendaient l’idée de croissance zéro. J’ai participé à un débat où j’ai fait une communication intitulée “L’an 1 de l’ère écologique” parce que ce n’étaient pas seulement nos comportements que nous devions changer, mais le cours de notre civilisation, qui continue à se ruer vers toujours plus de techniques, d’économie, d’industrie. Il faut savoir ce qui doit décroître et ce qui doit croître. »

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