Deux fois par mois, Capitaine Carbone sélectionne pour vous l’essentiel de l’actualité française et internationale autour des enjeux de la neutralité carbone et des questions climatiques.
Revue de Presse #194 du Capitaine
Ecoutez la Revue de Presse du Capitaine.Des montagnes de bouteilles empilées dans la forêt : le procès hors normes des décharges illégales de Nestlé Waters s’ouvre à Nancy

Photo de Erik Mclean sur Unsplash.
Cette semaine a été marquée par le procès de Nestlé Waters au tribunal correctionnel de Nancy. L’accusation porte sur la négligence de Nestlé Waters qui aurait laissé des milliers de bouteilles en plastique se désagréger dans la nature autour de quatre sites d’embouteillage dans les Vosges. Les chiffres donnés dans l’article de Vert sont vertigineux. On parle de 470 000 mètres cubes de déchets, d’après les comptes effectués par la justice, ce qui remplirait environ 188 piscines olympiques toujours selon Vert. Le groupe Nestlé nie en bloc arguant que les dépôts de ces bouteilles plastiques datent des années 60, avant le rachat de ces sites. Pour Anne Roques, juriste à France Nature Environnement, ONG partie civile dans cette affaire, cela relève tout de même de la responsabilité de Nestlé Waters : “Cela n’écarte pas du tout les infractions. Le droit de l’environnement spécifie que tout détenteur est tenu d’assurer la gestion de ses déchets. Nestlé est propriétaire de la société, donc des déchets aussi.“
Les entreprises à mission, un modèle qui résiste au backlash

Photo de name_ gravity sur Unsplash.
Un peu d’espoir avec cet article de Novethic qui revient sur le développement des entreprises à mission. Alors qu’avec la conjoncture actuelle, on observe que les questions de RSE reculent dans les priorités des entreprises, les sociétés à mission, elles, continuent à fleurir. Aujourd’hui, elles sont pratiquement 2500 en France, et depuis quatre ans, chaque année, il y a 500 nouvelles entreprises qui incluent dans leur statut juridique une mission d’ordre social et/ou environnementale. Une mission qui a un véritable impact sur la manière de diriger l’entreprise et sur son modèle d’affaires. Novethic s’est procuré le dernier baromètre des entreprises à mission, publié ce mardi 24 mars, et précise que, “près de 1,1 million de salariés travaillent aujourd’hui dans une organisation dotée de ce statut, dans des secteurs variés.”
Le changement climatique exacerbe les violences contre les femmes

Photo de Sydney Latham sur Unsplash.
C’est une conséquence du changement climatique dont on parle peu et qui pourtant est meurtrière : l’augmentation des violences faites aux femmes. Reporterre a sorti un article très documenté sur ce sujet qui fait débat et demande des explications nuancées pour ne pas tomber dans des pensées simplistes et totalement fausses du type “Alors ça veut dire que dans les pays chauds, les hommes sont plus violents”. L’année dernière, un rapport de l’initiative Spotlight poussée par les Nations unies a publié des chiffres très inquiétants : chaque augmentation de 1 °C de la température mondiale est associée à une hausse de 4,7 % des violences conjugales dans le monde et les féminicides augmentent également de 28 % durant les vagues de chaleur. Précisons que ces violences faites aux femmes existent déjà et que les changements climatiques ne font que les exacerber, et ne doivent en aucun cas servir de circonstances atténuantes. Le rapport précise d’ailleurs que « La violence n’est pas attribuable à un seul facteur mais à un ensemble de causes complexes intervenant à différents niveaux ». Alors pourquoi faire ce lien entre ces deux phénomènes ? Selon Tarik Benmarhnia, l’un des co-auteurs du rapport de l’initiative Spotlight : «[..], il y a trois mécanismes bien documentés par lesquels le changement climatique aggrave les violences de genre. Les mécanismes biologiques (stress physiologique ou psychologique lié à la chaleur), comportementaux (confinements ou changement des routines qui augmentent les interactions à risque) et les amplificateurs structurels (insécurité alimentaire, financière, etc.) » .
Forêts françaises : pourquoi elles dépérissent et comment les sauver

Photo de Irina Iriser sur Unsplash.
Pour mieux comprendre pourquoi les forêts européennes dépérissent et se fragilisent, le Capitaine vous conseille la lecture de l’interview du biologiste Julien Perrot sur We Demain. Il explique que cette crise des forêts est détectable par des signes qui ne trompent pas comme des feuilles qui jaunissent hors saison ou des branches sèches sur des arbres qui devraient être en bonne santé. “Aujourd’hui, on estime qu’en France environ 670 000 hectares de forêt sont en dépérissement. C’est énorme. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente l’équivalent de 35 ans de destructions par incendies si on compare aux moyennes historiques.” explique Julien Perrot qui met d’abord en cause le changement climatique tout en précisant aussi que la monoculture aggrave le problème : “Le facteur principal, c’est la répétition des sécheresses et des canicules. Or la science montre que plus une forêt est diversifiée – en espèces et en âges – plus elle est résistante face aux perturbations. Quand on remplace des forêts naturelles par des monocultures, on fragilise énormément l’écosystème.”
La Grande Librairie – Renouer avec le vivant

Photo de Gülfer ERGİN sur Unsplash.
Pour ne pas oublier que toutes les actions écologiques n’ont qu’un seul but final : celui de préserver la vie sous toutes ses formes, il est toujours utile de se tourner vers la littérature pour nourrir sa réflexion. Le Capitaine vous propose donc de regarder en replay ou d’écouter le podcast de l’émission La Grande Librairie (France 5) sur la thématique “Renouer avec le vivant”. Les cinq romanciers, Serge Joncour, Clara Arnaud, Gaspard Koenig, Caryl Férey et Vidya Narine, invités sur le plateau d’Augustin Trapenard s’interrogent sur notre lien avec la nature, les émerveillements qu’elle suscite en nous, mais aussi sur comment garder espoir face à la brutalité de la situation géopolitique actuelle.
