Deux fois par mois, Capitaine Carbone sélectionne pour vous l’essentiel de l’actualité française et internationale autour des enjeux de la neutralité carbone et des questions climatiques.
Revue de Presse #192 du Capitaine
Ecoutez la Revue de Presse du Capitaine.En Inde, le recyclage des e-déchets comme source de terres rares, en attendant mieux

Photo de Vlad sur Unsplash.
On part en Inde, à travers l’article de goodplanet.info qui s’intéresse au développement de l’industrie du recyclage des déchets électroniques. Double objectif pour l’Inde, qui compte faire du traitement de ces déchets électroniques un levier pour accélérer sa transition énergétique, mais aussi répondre à ses ambitions économiques avec l’intelligence artificielle. Le lithium (avec d’autres métaux rares) est devenu tellement indispensable à la composition des téléphones, des avions mais aussi des batteries de véhicules électriques, etc., que l’Inde veut se positionner et ne plus laisser le monopole de cette industrie à la Chine. Assise sur une montagne de déchets électroniques, l’Inde a donc décidé de mettre en œuvre une vraie filière de recyclage pour extraire “cet or blanc” si recherché.
Salon de l’agriculture : les Amap redonnent le pouvoir aux agriculteurs et agricultrices

Image libre Pixabay.
Encore un article passionnant sur theconversation.com qui profite du Salon international de l’agriculture en France, pour zoomer sur les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), à travers la sortie d’une étude sur ce sujet. Pour rappel, ce système d’entrepreneuriat collectif consiste à distribuer des paniers de produits agricoles chaque semaine à des adhérents, qui en prenant leur abonnement “pré-payent” la production. De cette étude, ressortent deux grands bénéfices majeurs des Amap. Le premier est bien entendu le maintien de l’autonomie d’une agriculture paysanne proposant des produits de qualité. Le deuxième bénéfice est la démonstration qu’une autre manière d’entreprendre fonctionne. “La participation bénévole des consommateurs amapiens aux activités des agriculteurs, entrepreneurs, engendre une relation de travail atypique. Celle-ci repose non pas sur une relation salariée avec lien de subordination, mais sur une relation horizontale basée sur un système de co-production, de co-gestion et de réciprocité apprenante.”, explique l’article.
Alternatives aux fast-foods, transports moins chers… Les attentes de la jeunesse populaire pour les municipales 2026

Image by Mohamed Hassan from Pixabay.
En pleine campagne municipale, c’est le moment de faire émerger des sujets de fond. L’association Makesense a profité de cette séquence politique pour publier une enquête sur les préoccupations de jeunes partout en France. 457 jeunes ont été interrogés avec une proportion de 80% vivant en zone urbaine et donc 20 % en zone rurale. Plusieurs demandes très concrètes se dessinent autour des sujets sociaux et environnementaux. Par exemple, l’urgence au niveau des logements fait le lien entre toutes ces inquiétudes : 50 % des jeunes disent sous-chauffer leur logement en hiver par peur de factures trop élevées et 47 % n’arrivent pas à le rafraîchir en été. 44% réclament donc davantage d’aides à la rénovation énergétique. Côté alimentation c’est la même chose : «Nous, ce que l’on cherche, ce sont des produits biologiques bons pour la santé et l’environnement», explique Chainaze Hamla, animatrice de l’Entente sportive de Vitry (Val-de-Marne), au cours de la soirée de présentation de cette enquête. Sans même parler du fait que cela ne rentre pas forcément dans leur budget, encore faut-il avoir accès à des commerces proposant des produits bio ou issus de circuits courts : «Dans les quartiers, les chaînes de fast-food sont partout. Il faut donner à tout le monde la possibilité de manger correctement et localement», ajoute Ayoub Kacemi, fondateur de Des terres minées.
L’entrepreneuriat régénératif : quand l’entreprise ne se contente plus de « moins polluer », mais répare le monde

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Grâce au site dynamique-mag.com, on refait le point sur les enjeux de l’entreprise régénérative. En 2026, c’est la logique régénérative qui a le vent en poupe, la durabilité et la neutralité carbone devenant un minimum syndical pour les entreprises. L’article explique qu’il ne s’agit plus pour les entreprises de faire “moins pire” qu’avant en minimisant leur impact, il faut maintenant que leur activité “répare” ce qui a été détruit. En résumé, les attentes ne portent plus sur “est-ce que ce produit est bio ?”, mais sur “est-ce que ce produit a contribué à restaurer la forêt dont il est issu ?” Un changement de paradigme qui se voit déjà dans le comportement des investisseurs institutionnels qui intègrent désormais le « risque de perte de services écosystémiques » dans leurs modèles de notation.
Deux interviews de réalisateurs de documentaires qui proposent d’autres récits :
Soulèvements de la Terre : un film déconstruit « la figure de l’écoterroriste » collée aux militants

Le réalisateur Thomas Lacoste répond aux questions de Reporterre à l’occasion de la sortie de son documentaire « Soulèvements ». Un film dans lequel il donne la parole à 16 membres des Soulèvements de la Terre partout en France. Des témoignages forts, face caméra, sans commentaire d’une voix off, ce qui permet de se faire sa propre opinion sur ce qui se dit. Thomas Lacoste explique à Reporterre : “Dans le film, on voit des personnes de 20 comme de 70 ans. Certaines n’avaient jamais manifesté mais elles sont toutes animées par un attachement profond au territoire et au vivant. Cet amour-là n’est pas abstrait : il donne une force immense, presque vitale, pour tenir face à la répression et pour inventer d’autres manières de lutter. Cette puissance d’agir naît du collectif, du soin apporté aux autres, du sentiment de ne plus être seul.”
Vincent Munier : « on devrait être bien plus révoltés par l’enlaidissement de nos paysages »

Autre point de vue, celui de Vincent Munier, qui connaît un beau succès avec son documentaire “Le Chant des Forêts” qui a fait plus d’un million d’entrées en salle. Vincent Munier s’est confié au média La Relève et la Peste sur la génèse de son projet : “J’ai décidé de prendre un autre chemin et de poser mon regard sur la beauté. Grâce à mon histoire personnelle, j’ai envie d’émouvoir, de sensibiliser, d’embarquer le maximum de gens vers cette empathie que l’on peut développer pour ce qui nous entoure. Comment se fait-il qu’on soit si peu nombreux à être affectés par l’enlaidissement de nos paysages ? Par le fait d’avoir des eaux dégueulasses, de respirer un air qui n’est pas bon, d’avoir de la neige qui n’est plus blanche avec des particules dessus ? On devrait être beaucoup plus révoltés ! Ce film, c’est une invitation à se réveiller. Un réveil de tout ce qui est endormi, et même presque éteint au plus profond de nous.”
