Deesco – Entretien avec une entreprise engagée
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Deesco – Entretien avec une entreprise engagée

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Chaque jour, des entreprises françaises s’impliquent activement dans la transition écologique. Des entrepreneurs engagés mènent diverses actions en faveur de la protection de la biodiversité, de la réduction de nos émissions de GES, tout défendant un mode de vie plus durable. En tant que média d’information, notre mission est aussi de vous partager ces initiatives vertueuses. En collaboration avec le Fonds E5t, Capitaine Carbone réalise une série d’entretiens avec des femmes au leadership affirmé, engagées pour la protection de l’environnement. Ces échanges feront prochainement l’objet d’un livre — mais il est encore un peu tôt pour vous en dire davantage. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré Charlotte Aubin, cofondatrice de Deesco, une société d’innovation Smart Clean Tech dont la mission est d’optimiser la performance énergétique du parc immobilier.

Quel a été votre parcours avant de créer Deesco ?

J’ai passé treize ans dans la finance, chez Morgan Stanley, où j’ai rapidement gravi les échelons pour devenir Managing Director à seulement 33 ans. J’avais la chance d’occuper un poste à responsabilité dans une banque d’affaires prestigieuse, mais en parallèle de cette carrière intense, ma vie personnelle avançait aussi : j’ai eu deux enfants, ce qui a fait naître en moi une réflexion sur l’avenir et le rôle que je voulais jouer, à la fois pour eux et pour la société. Tout cela a coïncidé avec la crise financière de 2008. J’ai été déstabilisée en observant la manière dont elle a été gérée et cela m’a fait réfléchir sur le sens de mon travail. C’était également l’époque où la conscience climatique commençait à émerger. Ces deux facteurs m’ont poussée à envisager une transition : je voulais mettre mon expertise en finance au service de quelque chose qui ait un véritable impact positif. C’est dans ce contexte que j’ai créé GreenWish, pour me consacrer au financement de l’économie réelle, et plus particulièrement des infrastructures de transition énergétique, principalement du solaire, de l’éolien terrestre et offshore.
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Après avoir revendu GreenWish, vous avez lancé Deesco, est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste ce projet et où vous en êtes dans son développement ?

Deesco est né de la conviction que la transition énergétique ne peut pas attendre, et que pour qu’elle soit efficace, elle doit être accessible à tous. Avec Myriam Maestroni*, nous avons voulu apporter une solution concrète pour améliorer l’efficacité énergétique des logements, en combinant innovation digitale et création de valeur, tant pour les particuliers que pour l’ensemble de l’écosystème du logement et de l’énergie. Aujourd’hui, en France, nous avons 37 millions de logements et une réglementation énergétique de plus en plus contraignante, notamment avec les DPE (diagnostics de performance énergétique). Pourtant, le marché immobilier n’est pas prêt à financer sa transition : les coûts sont élevés, le retour sur investissement n’est pas clair pour les particuliers, et on ne sait souvent pas par où commencer. C’est là qu’intervient le Pass vert, notre premier outil digital. Il permet à un particulier d’analyser la performance énergétique de son logement, de recevoir des recommandations personnalisées pour des travaux ou des optimisations, et de centraliser tous les documents liés à sa consommation et à son logement dans un “wallet” numérique. L’objectif est double : réduire la facture d’énergie par des comportements ou des rénovations, et améliorer la valeur patrimoniale du bien, car aujourd’hui le DPE influence directement le prix d’un logement. Nous mobilisons tout l’écosystème du logement et de l’efficacité énergétique avec ce Pass vert : banques, assureurs, équipementiers, constructeurs, promoteurs, artisans, collectivités… Tous y trouvent un intérêt pour accompagner leurs clients et créer de nouvelles opportunités commerciales. Le résultat est triple : un parc immobilier plus performant, des activités profitables pour l’écosystème, et une amélioration du pouvoir d’achat et de la valeur patrimoniale pour les particuliers. Deesco s’adresse principalement au parc existant, mais nous intervenons aussi sur les constructions neuves. Les obligations de carnet numérique offrent une base que nous rendons dynamique, avec un module d’optimisation de la consommation énergétique, pour que les logements neufs puissent aussi devenir plus autonomes et durables. Enfin, Deesco repose sur un deuxième pilier : l’Observatoire, ou Data as a Service. Grâce à la data, nous aidons nos partenaires commerciaux à mieux comprendre les logements de leurs clients, à identifier les besoins et à accompagner la transition énergétique de manière ciblée. La vision que nous portons avec Myriam, qui a déjà une grande expérience sur les certificats d’économies d’énergie, est de débloquer un marché encore fragmenté grâce à l’innovation digitale et aux données.
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*Co-fondatrice de Deesco et Présidente fondatrice du Fonds E5t

Le pass vert

Comment la transition énergétique peut-elle devenir un levier de croissance ? Et quels sont les enjeux de l’efficacité énergétique dans l’immobilier ?

Pour moi, la transition énergétique devient un véritable levier de croissance lorsqu’elle est abordée de manière pragmatique et systémique. Prenons l’immobilier : il représente aujourd’hui 30 à 40 % des émissions de carbone en Europe. Réduire la consommation d’énergie dans ce secteur représente donc un levier énorme, et ce, à deux niveaux. Le premier, c’est la réduction pure de la consommation : chaque kilowatt non consommé a un impact direct sur les émissions de CO₂ et sur la facture énergétique. Le second, c’est la transformation de l’énergie consommée en énergie propre. L’approche globale est essentielle : il ne s’agit pas seulement de réduire la consommation, mais de considérer toute l’énergie utilisée par un logement pour en optimiser l’efficacité. Concrètement, avec Deesco et le Pass vert, nous intégrons toutes ces dimensions. Pour renforcer notre expertise et accélérer le mouvement, nous avons noué un partenariat avec le plus grand bureau d’études thermiques de France. Ce partenaire réalise chaque année 25 000 DPE, 20000 études de logements neufs, et a déjà produit plus de 300 000 carnets numériques. Grâce à cette collaboration, nous bénéficions de l’expertise métier nécessaire pour couvrir tous les enjeux du logement et de l’énergie et renforçons notre équipe sur le développement de nos outils digitaux. Au final, l’efficacité énergétique dans l’immobilier n’est pas seulement un enjeu environnemental : c’est un levier de création de valeur financière et extra-financière, d’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, de développement de nouvelles activités pour les acteurs du secteur et, surtout, d’accélération de la transition énergétique à grande échelle.
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La transition énergétique est souvent associée à une volonté politique, lorsque celle-ci ne met plus la protection de l’environnement au premier plan, comment ne pas être déstabilisé ?

Pour moi, l’instabilité politique et réglementaire est un défi, mais pas un obstacle insurmontable. En France, les dispositifs changent régulièrement : MaPrimeRénov’ est là puis disparaît, les certificats d’économies d’énergie vont et viennent… Cela crée des difficultés pour structurer un marché, mais notre approche nous protège. Avec Deesco, notre produit génère avant tout de la valeur financière et patrimoniale pour les particuliers, et du chiffre d’affaires récurrent pour nos partenaires B2B. Nous ne dépendons pas des subventions ou d’un soutien politique pour être viables. L’efficacité énergétique, c’est du bon sens : un parc immobilier non rénové surconsomme de l’énergie. Optimiser cette consommation a un impact immédiat sur les coûts, indépendamment des politiques publiques. Au-delà de l’aspect individuel, l’efficacité énergétique est aussi un enjeu national et stratégique. Avec la consommation massive des data centers et la situation géopolitique autour de l’énergie, réduire la consommation dans l’immobilier, qui représente 30 à 40 % de l’électricité en Europe, je le rappelle, n’est pas seulement une question de décarbonation, c’est aussi une question d’indépendance énergétique. Le message clé, c’est que sans créer de la valeur économique et financière, on aura du mal à créer de la valeur environnementale. Tant que la logique économique est solide, les aléas politiques ne nous déstabilisent pas.
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