La Technosphère pèsera-t-elle dans notre cervelle ?

technosphère et compensation carbone
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Si notre âme ne pèse que 21 grammes, la Technosphère est évaluée quant à elle à 30.000 milliards de tonnes. De la légèreté de l’Homme à la « sphère-obésité », l’écart est aussi inquiétant que déséquilibré. Mais la « Technosphère », c’est quoi exactement ? Ce mot désigne l’impact physique de l’Homme sur la Planète. L’influence qu’il exerce sur l’environnement par son activité industrielle exponentielle, ses déplacements effrenés, sa politique agricole intensive, ses irrassasiables loisirs et tout ce qui anime aujourd’hui son quotidien à 100 à l’heure entrainent des effets irréversibles sur la Terre et l’atmosphère. Nous nous sommes permis d’utiliser la Terre et les océans comme poubelles depuis des décennies, déversant à leur surface et dans leurs entrailles des millions de déchets non recyclables. Messieurs-Dames, l’heure est à corriger nos méfaits et à alléger nos consciences. Le monde ne tourne décidément pas rond, mais il ne faut surtout pas “sphère” à l’idée que rien ne changera. En parallèle de ce bilan assez sombre, notre transition écologique est heureusement bel été bien amorcée !

Le poids de l’Humanité : un fardeau pour la Planète !

La Terre ne fait pas que nous porter, elle doit surtout nous supporter et quel chemin de croix pour elle ! Bien qu’adepte de la politique de l’autruche, l’Homme a néanmoins proposé un autre nouveau mot en prenant conscience de ses impacts négatifs sur l’environnement : « l’Anthropocène ». Il s’agit d’une époque de l’histoire de la Terre qui décrit l’ensemble des événements géologiques qui se sont produits depuis que les activités humaines ont une incidence globale et significative sur l’écosystème terrestre. Des chercheurs du département Géologie de l’Université de Leicester ont établi dans une étude scientifique que le poids de la Technosphère est équivalent à 30.000 milliards de tonnes, autant dire, c’est du lourd ! Et concernant l’impact carbone, on peut également dire que ça envoie du bois ! 

@MonikaP – pixabay.com

C’est le cumul du nombre de maisons, d’usines, de voitures, d’aéroports, d’avions ou encore de routes qui provoque ce chiffre faramineux. Il pointe du doigt, et sans surprise, les zones urbaines qui représentent à elles-seules 11,110 milliards de tonnes, suivies par les habitats ruraux (6.300 milliards), l’élevage (5.030 milliards) et l’agriculture (3.760 milliards). Le souci, ce n’est pas la croissance, car elle est normalement synonyme de progrès, de confort, d’épanouissement et d’avancées médicales. Non, le vrai problème c’est que l’Homme ne sait pas recycler ses productions aussi miraculeusement que la Planète. Sans politique de recyclage à l’échelle de ses activités, il va cumuler et enterrer ses milliards de constructions et d’objets divers dans le sol et sous l’eau. Bien cachés, pour ne pas déranger son bien-être et titiller sa conscience, nos déchets formeront au fil des années des technofossiles difficiles à détruire. Nous acceptions cela jusqu’à présent sans remuer d’un cil. La Technosphère est un marqueur de l’Anthrocène gênant pour l’Homme, mais révélateur des effets papillon de ses modes de vies excessifs et déraisonnés.

La Terre héberge désormais 7,8 milliards d’habitants. Le seuil des 8 milliards sera donc probablement franchi au cours de l’année 2023. Chaque habitant consomme en moyenne 7,16 tonnes de CO2 selon la répartition suivante :  UE (6,9 tonnes), France (5 tonnes), US (16,1 tonnes), Chine (8,1 tonnes) et les Indes (1,9 tonnes). Plus globalement, les activités de l’Homme génèrent en moyenne 5,0 tonnes de CO2 par an et par habitant, soit 16% de plus qu’en 1990. Pour compenser notre surconsommation d’énergies fossiles ou nuisibles, notre addiction aux transports et notre boulimie industrielle, les recettes des instruments de tarification du carbone ont été multipliées par deux sur la période de 2016-2019. En retour, 37 Md€ de dépenses de l’État français ont été dédiés au problème du réchauffement climatique dans le projet de loi de finance 2021. 

On sait aujourd’hui que les activités humaines bouleversent considérablement l’équilibre climatique, déréglé notamment par l’accumulation d’émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Le glacier d’Ossoue, emblème des Pyrénées, s’est réduit de façon continue depuis le début du siècle. Au total, entre 2001 et 2019, ce glacier s’est réduit de 30 mètres d’épaisseur et sa superficie est passée de 58 à 32 hectares, faisant reculer son front de 125 mètres de longueur.

En attendant la résilience de l’industrie, notamment grâce à la proximité et au circuit-court, concluons en chanson avec un couplet de Jali, 21 grammes, pour exprimer nos remords et formuler nos espoirs…

« Prends mes bonnes actions pour faire contrepoids
Je sais que la liste n’est pas longue
Mais après tout, c’est déjà ça ».

Sources : Ministère de la transition écologique et la revue californienne en ligne The Anthropocene Review
Crédit photo couverture : @tawatchai07 – pixabay.com